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Lettre autographe à sa femme. Folie et écriture : « Obtiens de me voir seule (...) tu verras que je te ferais un signal infiniment (...) spirituel »
- s.n., s.l. s.d. (printemps 1794), 10x15,6cm, 2 pages sur un feuillet remplié. - Lettera autografa scritta a mano, scritto in una bella scrittura di 2 pagine. Diversi sottolinea la mano di Sade. Indirizzo di Madame de Sade a Parigi sulla quarta pagina. - [FRENCH VERSION FOLLOWS] « Obtiens de me voir seule comme tu m'as permis de le demander, et tu verras que je te ferais un signal infiniment plus spirituel que tout ceux du conciliabule de la présidente. » Lettre autographe du Marquis de Sade adressée à sa femme. Deux pages sur un feuillet remplié, rédigées d'une écriture fine et serrée. Plusieurs soulignements. Adresse de Madame de Sade à Paris sur la quatrième page. Cette lettre a été publiée dans la correspondance du Marquis de Sade. Provenance : archives de la famille. Pauvert attribue à cette lettre la date fautive de mars 1781 alors que Sade était encore emprisonné à Vincennes et privé de visites pour cause de mauvais comportement. En réalité rédigée à La Bastille au printemps 1784, elle trahit la même fébrilité inquiète du Marquis, espérant une visite de sa confidente : « Il me paraît, quoi que vous en disiez que votre empressement à me venir voir n'est pas très grand. Voilà huit jours que tout est libre et que les chemins sont superbes et pourtant vous ne vous pressez guères. Vous avez la permission qui peut donc vous arrêter à présent ? ». Ces reproches ne sont pas nécessairement fondés et procèdent d'un jeu de chantage affectif dont les règles, établies dès Vincennes, reposent sur une oscillation entre souffrance et plaisir, tour à tour subis et désirés : « Si je dois être ici longtemps, sans doute, demandez à me voir, quelque gêne qu'il y ait ; ce ne peut être qu'une grande consolation pour moi. Si je ne dois pas y être longtemps, ne le demandez pas, parce que le plaisir que j'aurais de vous voir ici ne pourrait être mêlé que d'une infinité de chagrin pour moi. L'entendez-vous à présent ? Et me repoignarderez-vous encore de ce sens-là ? » (Lettre à Renée-Pélagie, février 1779). Cette mécanique de balancier semble préfigurer les rituels pervers des futurs personnages du Marquis. Se dessine alors, en filigrane, ce qui constituera les rouages romanesques de l'écriture sadienne, notamment par l'utilisation de « signaux », régulièrement invoqués par Sade et dont le sens épouse ses humeurs lunatiques. Ainsi dans cette lettre, la mention récurrente de cet énigmatique « signal », correspond-elle dans un premier temps à la date espérée de sa levée d'écrou, et sert donc à ajourner la visite de sa femme : « Est-ce que nous ne sommes pas encore au jour du signal. Alors, il faut donc attendre le jour du signal. » Quelques lignes plus loin, pourtant, ce même « signal » semble recouvrir une tout autre acception bien plus opaque : « Obtiens de me voir seule comme tu m'as permis de le demander, et tu verras que je te ferais un signal infiniment plus spirituel que tout ceux du conciliabule de la présidente. » Composante essentielle de la pensée carcérale du Marquis, ce langage codé comme les interprétations fantasmées des lettres de ses correspondants, alimentent les hypothèses des chercheurs, philosophes, mathématiciens... et poètes biographes. Ainsi Gilbert Lely estime que, loin d'être le symptôme d'une psychose, le recours aux signaux est une « réaction de défense de son psychisme, une lutte inconsciente contre le désespoir où sa raison aurait pu sombrer, sans le secours d'un tel dérivatif ». Absentes de la correspondance durant ses onze années de liberté, ces strates sémantiques sibyllines, « véritable défi à la perspicacité sémiologique » (Lever p.637), réapparaitront dans son journal de Charenton. Mais cette irrépressible folie oraculaire, qui affleure dans la première partie de la lettre, Sade va la dompter grâce à l'écriture théâtrale et romanesque, à la fois camisole thérapeutique et évasion cathartique. On assiste ainsi dans la suite de la lettre à l'importance croissante de son désir d'écrire : « Envoie-moi je t'en prie les cahiers blancs demandés un de 600 pages et un de 100, tous deux brochés comme ceux de mes comédies et tout margés, voici le temps où je ne puis absolument m'en passer et surtout n'oublie pas la gentillesse d'apporter bien des commissions mal faites et ridicules, dont tu me diras par un mot à la visite et qui me seront retirées dès que tu auras le dos tourné oui je t'en prie n'oublie pas cela, car ça est incroyablement lumineux. Voilà une pièce d'estomac que je t'envoie. ». Mais Madame de Sade ne sert pas seulement d'intermédiaire pour les nombreuses commandes de son élégiaque époux ; c'est également elle qui est chargée de reporter des corrections oubliées par l'abbé Amblet, précepteur du jeune Donatien dès ses années parisiennes à Louis-le-Grand et fidèle relecteur des textes de son ancien élève. C'est la référence explicite à sa pièce Tancrède, qui permet de dater précisément notre lettre au printemps 1784, puisque l'on connait un échange entre Sade et Amblet à propos de cette
      [Bookseller: Librairie Feu Follet]
Last Found On: 2017-09-20           Check availability:      maremagnum.com    

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