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Lettre autographe signée (1956) à François Mauriac.
- Robbe-Grillet (Alain) (1922-2008) Écrivain et cinéaste français. Chef de file du "Nouveau Roman". Lettre autographe signée, Paris, 10 septembre 1956, à François Mauriac, 6 pages in-4. Importante et exceptionnelle lettre ouverte de Robbe Grillet en réponse à un article de François Mauriac paru dans Le Figaro Littéraire du 28 juillet 1956, « La technique du cageot ». « Au nom de quoi a-t-on décidé que le roman, le roman seul, doit ne relever que de l’inconscience, pour ne pas dire de la bêtise ou de la folie ? Même si Proust ne s’était préoccupé d’aucune règle dans son écriture (ce dont je doute fort, quant à moi), serait-ce une raison pour qu’il en soit toujours ainsi, nécessairement, pour tous les « vrais » romanciers des temps futurs ? » « Monsieur, Depuis que j’ai eu connaissance de votre article, sur la « technique du cageot », j’ai l’intention de vous écrire. Si j’ai tant tardé à le faire, c’est seulement pour apporter plus de réflexion à cette réponse, et cela particulièrement sur trois points : vous n’aimez pas qu’un romancier ait des théories concernant le roman, vous pensez que le cageot est aussi un état d’âme, enfin vous me soupçonnez de n’avoir pas assez d’estime pour mes illustres prédécesseurs, Dostoïevski, Balzac, etc Mais commençons par le commencement. C’est d’abord du plaisir, bien entendu, que j’ai ressenti à la lecture de cet article : sa place, ses dimensions, votre signature, tout cela me flattait beaucoup. Malheureusement je ne vous ai pas convaincu - pas du tout, même, semble t-il. Or, si je ne suis pas insensible au modeste plaisir de faire parler de mes écrits, c’est convaincre (vous convaincre) que précisément je souhaitais le plus. Les choses que j’ai dites me paraissaient - me paraissent encore - simples, raisonnables, évidentes même. Il faut croire que je les ai fort mal exprimées, pour n’avoir abouti qu’à votre agacement. Je me suis bien mal exprimé, en particulier si vous concluez que j’ai du « mépris » pour Dostoïevski, Balzac, etc Non ! Cent fois non ! Je n’ai pas de mépris pour eux, ni pour leurs livres, ni pour les personnages qui s’y trouvent, ni pour aucune des techniques romanesques qu’ils ont illustrées. J’ai écrit seulement (après Nathalie Sarraute et quelques autres) que ces techniques sont périmées - mais périmées aujourd’hui - et que l’on ne peut accorder la moindre importance aux romans qui prétendent utiliser maintenant l’un de ces techniques. Avons-nous, vous Monsieur, ou Le Corbusier, ou moi, du mépris pour le style ogival, lorsque nous pensons qu’il est impossible de construire en 1956 une cathédrale gothique ? Et nous savons bien, par surcroit, que cela n’implique aucune échelle de valeurs inavouée entre l’architecture du XIVe siècle et celle d’un XXe siècle qui peut-être se cherche encore. Nous estimons seulement qu’il vaut mieux un essai malheureux d’architecture contemporaine qu’une commode copie d’ancien. « Les procédés ne deviennent procédés » écrivez-vous, « que lorsque ce sont les autres qui en usent ». Nous sommes donc là-dessus du même avis : deviennent des procédés lorsque les autres essaient d’en user après coup, lorsqu’il est trop tard, lorsque la technique imitée a perdu tout contenu vivant, lorsqu’elle n’est plus qu’une forme pétrifiée, ou plus rien de vivant ne peut trouver son expression Mais la technique de Balzac était bel et bien vivante en 1840, et en 1870 celle de Dostoïevski. Ai-je tort de les aimer dans l’histoire ? Vous savez bien que c’est la seule façon de les aimer vraiment. Nous devons plutôt nous méfier des lecteurs intrépides qui dévorent avec délices Le Rouge et le Noir (après l’avoir découvert au cinéma), tout en continuant d’ignorer Faulkner, Kafka et Joyce, oui bien disant « n’y rien comprendre ». La consommation massive qui se fait aujourd’hui des chefs-d’oeuvre du passé n’est pas la preuve de leur « éternelle jeunesse ». Mais elle prouve, une fois de plus, qu’il est facile d’avaler sans danger une littérature ancienne (ou t
      [Bookseller: Thomas Vincent]
Last Found On: 2017-06-15           Check availability:      AbeBooks    

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