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Fragments du Narcisse
1942Tananarive, Sn [Imprimé par Henri Vidalie], 1942. 32 x 24,5 cm, in-4°, 1 f. bl. + 10 ff. n. ch. + 1 f. bl., couverture crème en papier de bananier, imprimée en noir et portant la mention "hors commerce", sans page de titre, justification et achevé d'imprimer en 3e de couverture. Rarissime édition du Narcisse faite à Madagscar sous la direction d'Octave Mannoni et destinée à sa classe de philosophie du lycée Gallieni, limitée à 30 exemplaires seulement. La préface (3 pages) est inédite, de même que les commentaires, placés au verso des feuillets, en regard du texte de Valéry. L'achevé d'imprimer porte la mention : "La difficulté en temps de blocus de fournir des textes à ses élèves a induit un professeur de Madagascar à faire imprimer ce poème extrait de Charmes en y joignant des annotations purement scolaires. L'ingéniosité locale a permis la fabrication de ce papier essayé ici pour la première fois et sur lequel on a tiré trente exemplaire de ces cahiers destinés à la classe de philosophie du lycée Gallieni. En aucun cas ces cahiers ne doivent se trouver mis en vente. Imprimé par Henri Vidalie, Tananarive en février 1942 sur papier Blocus." En raison des conditions du temps, cette édition fut faite sans le consentement de l'auteur. Néanmoins, nous disposons du brouillon d'une lettre adressée par O. Mannoni à Paul Valéry en 1942 ainsi que de deux réponses de Julien Monod (1942 et 1944) qui montrent l'intérêt que Valéry a porté à cette édition "pirate" et au commentaire qu'en fit le philosophe et futur psychanalyste. Nous joignons une photocopie de cette correspondance, dans laquelle l'éditeur "pirate" apporte les précisions suivantes : "Puisque cet envoi n'est pas resté dans quelque port africain ni au fond de la mer des Indes, vous n'avez pas dû l'ouvrir sans quelque surprise : Madagascar serait-elle le dernier refuge de la contrefaçon en librairie ? Ose-t-on vous éditer sans votre aveu ? Il n'en est rien ! Simplement, je n'ai pas voulu traiter par l'affreuse polycopie habituelle le beau texte du Narcisse, ni l'exposer, en le dictant, à des mutilations plus affreuses encore. D'autre part les Imprimeries dorment, faute de papier ; pour quelques centaines de francs j'ai pu donner à mes trente élèves une copie du Narcisse aussi convenable que les circonstances le permettent. Cependant, bien qu'il s'agisse d'une "polycopie imprimée", de cahiers qui ne sortent point de la classe de philosophie du lycée Gallieni, je n'aurais pas manqué de vous demander préalablement votre autorisation si n'avions été si longtemps et si complètement privés de toutes communications par mer et par air. (...) Sur la matière même de ce cahier : on a employé un papier de fortune, fait avec de vieux papiers, et dont la fabrication n'était pas encore au point ; mais on n'avait pas le choix. Pour la couverture, on a trouvé un papier de fabrication locale déjà ancienne, fait de fibres de bananier, et destiné surtout à fabriquer des abat-jour et de boites... Les caractères étant vieux et souvent cassés, il a fallu tirer page par page pour n'utiliser qu'un choix à peu près convenable... Je serais extrêmement heureux si vous pouviez avoir quelque plaisir de collectionneur à considérer comme une curiosité cette copie de votre propre poème - à cause des circonstances somme toute un peu exceptionnelles dans laquelle elle a été faite." Dans son premier courrier, daté du 2 septembre 1942, Julien Monod écrit "mon ami Paul Valéry m'a montré hier chez lui votre commentaire du Narcisse dont il m'a fait l'éloge" et lui en demande un exemplaire pour son "Valeryanum", exemplaire que Mannoni semble avoir toutes les peines à retrouver, puisque, dans un courrier daté du 8 juin 1945, l'une des personnes à qui il avait en avait confié un lui assure l'avoir égaré. Dans une autre lettre (27 novembre 1944, reçue le 21 avril 1945), Julien Monod écrit : "je vous remercie beaucoup des renseignements que vous [me] donnez sur le cahier en question, comme de votre aimable intention de chercher à en retrouver un exemplaire pour mon Valeryanum. J'ai fait lire votre lettre à notre poète et je crois bien qu'il va vous écrire lui-même un mot, comme il comptait le faire depuis longtemps, mais sans avoir la possibilité de communiquer avec vous." Nous n'avons pas trace d'un quelconque courrier de Valéry, mort quelques mois plus tard. Cette édition est connue de Karaïskakis (n° 67C), l'exemplaire qu'il décrit étant en tous points conforme au nôtre. (Voir également, Jacques Laguarrigue, Bibliographie des travaux (en langue française) d'Octave Mannoni, in "Esquisses psychanalytiques", n° 13, printemps 1990, p. 44, n° 16.) Un bel exemplaire, avec quelques traces de pliures ; et un témoignage précieux sur l'édition malgache pendant la deuxième guerre mondiale.
      [Bookseller: Julien Mannoni livres anciens]
Last Found On: 2016-09-25           Check availability:      Livre-rare-book    

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