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Carnet de notes manuscrit relatant les souvenirs - PELLETIER DOISY, Charles ; [ - 1915. [1196020]
1 carnet de notes format in-12, avec environ 43 ff. manuscrits (certains autre feuillets coupés): Voici le détail d'une partie de ces notes : Membre du 16e Régiment de tirailleur européen sous les ordres du général Denikine, 2 janvier 1915 à juin 1916, sous les ordres du premier colonel Von Bode (officier en retraite provenant de la garde et rappelé à l'activité, tué dans les Carpates), le régiment a été pris par un lieutenant-colonel du régiment (qui sera tué dans la retraite qui a commencé le 20 avril 1915). La retraite a duré jusqu'à la fin du mois de septembre 1915. Blessé début mars 1915 sérieusement en fin mars 1915 mon beau-père a rejoint à nouveau son régiment en août 1915 . Son 6e Colonel est Birioukoff, ancien de l'Ecole Pavlovsky (poitrinaires en traitement d'Allemagne en août 1914 ; les Allemands l'avaient laissé retourner en Russie, le considérant comme inapte à tout service militaire - il avait commandé la Compagnie de Sa Majesté à l'école Pavlowsky). Lors de l'offensive Broussilov en juin 1916, chaque compagnie était disposée en deux lignes, chaque bataillon en deux lignes de compagnie, ainsi jusqu'à la division. La division fournissait 16 vague d'assaut. Derrière il y avait une division de tirailleurs finlandais. Mon beau-père commandait la 14e compagnie du quatrième bataillon. Le général avait mis en première ligne deux mauvais bataillons qui devaient profiter de l'effet de surprise. Le bombardement a duré de 4 heures de l'après-midi jusqu'au lendemain à cinq heures du matin. La 14e compagnie était derrière la 16e, qui était munie de planches pour sauter la tranchée ennemie qui devait être nettoyée par ce qui venait derrière. Avant le pont de Loutzk les attaquants étaient devenus une cohue où toutes les unités étaient mélangées. À cheval, brandissant son sabre, le lieutenant-colonel Simonoff, d'origine grecque, criait "en avant". Mon beau-père l'a rejoint et a rallié ses hommes. Au pas de course ils ont traversé le pont qui franchit la Styr et ont pris Loutzk (7 juin 1916 nouveau style). Par la suite Simonoff a commandé le sixième régiment de la division russe en France. Le 21 juin 1916, mon beau-père quittait la quatrième division pour rejoindre le cinquième spécial en formation à Ekaterinburg. Le grand état-major avait envoyé dans les régiments l'ordre de lui faire parvenir le nom des gradés et hommes de telle compagnie. Pour le 16e cet ordre a touché la sixième compagnie qui était commandée par le lieutenant Pravosoudovitch. Mon beau-père était son second mais avait été détaché de la 14e compagnie. Il était alors lieutenant titulaire du sixième régiment de tirailleurs, épaulettes grenat avec deux étoiles et le chiffre d'Alexandre III brodé. La moitié des soldats de la sixième compagnie était titulaire d'une décoration de Saint-Georges. Lorsque le colonel Narbouth a vu arriver cette compagnie à Ekaterinburg il dit "ce sera ma première compagnie". Narbouth était un officier de tirailleurs finlandais et commandait le cinquième spécial. Embarquement à Arkhangelsk sur le Earl of Forther [Forfare]. C'était un charbonnier qui avant la guerre de 1914 avait fait la navette entre l'Afrique du Sud et Sainte-Hélène. Équipage de nègre, chinoise et lascars encadrés par des Anglais. Dans le cinquième spécial mon beau-père commandait la quatrième compagnie. Mon beau-père occupait 600 m de front à gauche de la route d'Auberive. À sa droite il y avait la compagnie de Tchernia, Pratchik, Parvosoudovitch. ... Le chef d'état-major de la brigade était le lieutenant-colonel prince Mourouzi (aviateur) qui a pris mon beau-père comme aide de camp. 10 jours après est arrivé le titulaire du poste d'aide de camp du chef d'état-major Romanoff descendant des Stroganoff âgé de 30 ans, lieutenant de réserve de cavalerie. Il est arrivé d'un régiment de cosaque du Kouban avec leur splendide uniforme. Était propriétaire de la maison Ipatieff. Très riche. Propriétaire d'une mine d'or filonienne située à 20 km d'Ekaterinebourg. A invité ses camarades un pique-nique et les a conduits à la mine dans des calèches. L'ours a été acheté à ce moment par Pratchik et a été marqué sur le rôle de la compagnie comme soldat. Le commandant de la brigade est arrivé ; c'était un ancien tirailleur de Finlande Marouchevsky. Il avait une très jolie femme et une belle-soeur laide mais charmante qui était infirmière dans la partie du lycée Michelet réservée aux blessés russes. Le drapeau du régiment a été confectionné dans le quartier chinois de Moscou. Suivant l'usage ce drapeau portait l'icône du patron du premier colonel : Saint Vladimir (Wladimir Narbouth était lithuanien). ... En automne 1917 aux alentours de la révolution d'octobre mon beau-père était à l'hôtel Albany dans le restaurant. Installé à une table à quatre places avec deux officiers des tirailleurs de la famille impériale (quatrième). Le maître d'hôtel est venu leur demander d'accepter à leur table un officier seul. Il s'agissait de Toukhatchevsky. En parfait état physique, très réfléchi, ne faisant pas de phrases inutiles. « Il n'y a rien à faire ici, je rentre en Russie pour soulever le pays et rétablir les Romanoff ». « On ne peut pas soulever les soldats. Il n'y a pas de cadres sans officiers ». Toukhatchevsky est retourné en Russie avec des idées contre-révolutionnaires. La suite été racontée à mon beau-père par le prince Dolgoroukoff. Arrivée en Russie à Petrograd, Toukhatchevsky, est allé voir le colonel de son régiment (il avait grade de général) ce dernier est hébergé par un ancien adjudant du régiment Siniavski demeurant dans un quartier ouvrier de Petrograd. Toukhatchevsky est venu voir son chef de corps à plusieurs reprises. « Actuellement c'est la vague de foncer trop tôt pour réagir » disait le général. « Excellence me considérait comme totalement libre ». « Oui ». « Eh bien excellence je m'engage chez Trotski ». Par la suite ce général a émigré à Bruxelles et c'est là qu'il a rencontré le prince Dolgoroukov. ... [Formation : mon beau-père] était le plus petit de la première compagnie. On était affecté dans une compagnie en fonction de sa taille. Camarades : Oger de Rancourt, voisin de lit un poméranien baron Von Krause dont le père commandait une division de tirailleurs sibériens.. ... La plupart des élèves sortaient d'école de cadets. Mon beau-père sortait du lycée et lorsqu'on lui demandait d'où venez-vous il répondait « de la gare ». Trois officiers par compagnie. Le lieutenant Boris Junger lieutenant ancien. Est devenu chef de l'école militaire sous les bolcheviques. ... [ suivent de très nombreuses notes éparses ] Mon beau-père a vu la division sauvage pendant deux semaines pendant que la brigade a été attachée au groupement Keller. Les meilleurs régiments de la division sauvage étaient ceux de l'Azerbaïdjan. Noël 1915 sur le front stabilisé. 1916 a assisté à la fraternisation. Un aspirant autrichien est venu manger avec mon beau-père. L'aspirant était habillé en velours côtelé. ... mon beau-père a eu la Dragonne de Sainte-Anne au début de 1915 lorsqu'il a pris plus de prisonniers autrichiens que sa compagnie ne comportait d'hommes. ... après la révolution de février 1917 mon beau-père a rejoint le troisième bataillon de volontaires russes. Ce bataillon avait la valeur d'une compagnie ait été rattaché au 174e régiment d'infanterie. Commandé par Ieskie. Petit à petit les effectifs ont fondu. Depuis quelques mois les officiers ne touchaient plus de solde. Finalement lorsqu'il ne restait plus que la moitié des effectifs, les hommes et les officiers ont été envoyés en renfort à la Légion russe. Les officiers étaient en surnombre et la légion russe n'en avait pas besoin. C'est alors que mon beau-père s'est engagé à la légion. Durant la courte période comprise entre ce moment où le troisième bataillon de volontaires russes a été dissout le moment où il s'est engagé à la légion étrangère, il a commandé une section de mitrailleuses au 174e RI. Un jour il avait été passé en revue par un général qui lui a demandé ce qu'il allait faire. Mon beau-père a répondu qu'il allait s'engager à la légion étrangère. Le général n'a rien répondu mais mon beau-père était depuis huit jours au camp de Valbonne lorsqu'une lettre est venue d'en haut précisant qu'il devait être engagé comme sous-lieutenant à titre étranger. En 1918 Bordeaux avec des légionnaires. 11 novembre 1918 Casablanca puis Dakar avec des permissionnaires sénégalais. Rencontre le futur général Groussard qui le détacha dans la coloniale et il est envoyé dans une compagnie de méharistes. Le piano d'oncle Boris à Moscou était un Zimmermann fabriqué à Moscou dans un immeuble à trois étages où l'on donnait des concerts une fois par semaine. Certains de ces concerts étaient gratuits. Les Cosaques jouaient le rôle des CRS. Ils portaient secours aux juifs à la fin des pogroms. Les juifs n'étaient pas des voleurs et lorsqu'on désirait faire une affaire sûre et honnête l'on s'adressait à un juif. ... Châtiments corporels dans l'armée impériale russe : Dans un ordre du jour de 1916, le grand-duc Nicolas ordonne et rappelle l'emploi des châtiments corporels. En juin 1916 lors de la constitution du cinquième régiment spécial russe à Ekaterinburg, un soldat s'est absenté irrégulièrement la nuit pour aller voir sa famille. Le colonel Narbouth a donné l'ordre que ce soldat soit fouetté et à chargé le lieutenant Des Aubrys à veiller à l'exécution de cet ordre. ... Capitaine Lastovietsky commandant le second bataillon du 16e tirailleur. Il avait perdu sa jambe au début de la guerre de 1914. Ensuite il s'était échappé de l'hôpital pour rejoindre son régiment. Il était décoré de la croix de saint Georges et portait les aiguillettes de Fliguel Adjutant (aides de camp de l'empereur). ... Au début de 1915 il s'est trouvé avec sa compagnie de 250 hommes devant une montagne tenue par les Autrichiens. Il faisait froid et la neige couvrait le sol. Ayant reçu l'ordre d'attaquer mon beau-père n'a pas exécuter cet ordre. Le lieutenant-colonel Lastovietsky est venu le trouver et lui a dit " tu es bien jeune pour commencer à ne pas exécuter les ordres que tu reçois ». Les hommes étaient à bout et mon père représentait à lui seul tout l'encadrement de la compagnie. « Mes hommes ont peur » a-t-il dit mais Lastovietsky lui a rétorqué qu'en face l'ennemi avait aussi peur. Pour le couvrir Lastovietsky a dit à ses chefs que mon père avait conservé sa compagnie intacte malgré les difficultés qu'il avait eues à surmonter. ... Mon beau-père est né dans la garde de marchandises de Riazan. La maison où logeait son grand-père M. Lermontoff comportait deux niveaux. Au rez-de-chaussée vivait un ingénieur des ponts et chaussées d'origine polonaise. Il se chamaillait toujours avec la fille lorsqu'il la croisait dans l'escalier. Il paraît qu'elle avait toujours une goutte qui lui pendait du nez. Pendant la guerre il l'a retrouvée dans le train de Kiev à Moscou. Elle était devenue une jolie jeune fille qui revenait de Paris où elle faisait des études pour devenir professeur de français. .. Pour quitter Kharbin vers 1902 Baba Liola a fait des centaines de kilomètres en traîneau pour atteindre Tchita d'où partait le transsibérien. Un billet de deuxième classe coûtait 300 roubles. C'était le même prix que pour aller d'Odessa à Vladivostock en bateau. Baba Liola a fait une traversée. Elle a vécu peu de temps au Japon. Le Prince Khilkoff était ingénieur en chef des ponts et chaussées et ami de M. Lermontov. il était le directeur général de la section orientale du transsibérien en Sibérie et en Chine. ... Dimitri de Watazzi était de petite taille. Ancien officier de la division de cavalerie du Caucase. Le général Youdenitch passant son régiment en revue aurait dit devant lui « ce ne sont pas des officiers que l'on m'envoie mais des enfants ». ... J'ai parlé aujourd'hui avec mon beau-père de la famille Goutchkoff. Son parâtre était Fedor Ivanovitch Goutchkoff, frère jumeau de Nicolas Ivanovitch (le maire de Moscou). Ils étaient de quelques années plus âgés que Alexandre Ivanovitch qui sera ministre de la guerre dans le gouvernement Kerenski. Fedor et Alexandre ont fait la guerre des Boers. Alexandre boitait parce qu'il avait été blessé à la jambe et était resté longtemps prisonnier en Angleterre. Fedor avait fait l'académie militaire. Alexandre de Moscou et était sorti dans un régiment du corps des grenadiers de Moscou. Ensuite il s'était fait admettre, moyennant finances, dans les cosaques du Kouban. Les trois frères étaient membres du parti octobriste c'est-à-dire qu'ils étaient des monarchistes partisans d'un régime parlementaire à l'anglaise. Les Goutchkoff appartenaient à la classe des marchands. Sous quel règne ? Peut-être sous celui de Catherine la Grande. Un serf du nom de Goutchkoff avait acheté son émancipation et était parti à Moscou travailler dans un atelier de tissage. À force d'économiser il a pu racheter l'émancipation d'autres serfs de son village et monter son propre atelier de tissage où il a fait fortune. Nicolas avait épousé une demoiselle Botkine. Les Botkine étaient une autre famille de la classe des marchands qui avaient fait fortune dans le commerce du thé. ... Pendant la bataille de la San et après le début de la retraite mon beau-père était blessé au poumon. La balle autrichienne qui était entrée sous le bras gauche est restée bloquée dans l'omoplate. Sous le choc il a perdu conscience et ne se souvient pas de son évacuation en cacolet. A repris conscience à Stangy Sambor. Il s'est retrouvé dans la salle d'une maison où il y avait huit lits. Les brancardiers étaient très efficaces et appartenaient à une secte les "Malakan" qui ne devaient pas porter d'armes. Le médecin de cet hôpital était polonais. Il lui a désigné un blessé inconscient et lui a dit que c'était un officier juif descendant des rois de Judée et qu'il appartenait à un régiment de cavalerie de la garde. Le temps que mon père est resté dans cet hôpital, Rozok-Kviat a repris conscience. Mon beau-père ne lui a pas parlé. Il m'a dit qu'il était plein de morgue sans doute parce qu'il avait eu à se défendre. Le docteur a fait transporter mon beau-père dans sa chambre." ... Passionnant carnet de notes relatant les souvenirs d'un témoin de l'émigration russe en France (carnet de présentation modeste, avec traces de colles au premier plat). Une partie des notes du présent carnet a fait l'objet d'une communication dans le bulletin intérieur de l'union de la noblesse russe (n°118), mais même pour les faits que l'on y retrouvera, la saveur de la transcription des réponses de Michel des Aubris demeure entière.
      [Bookseller: SARL Librairie du Cardinal]
Last Found On: 2016-09-16           Check availability:      Livre-rare-book    

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