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AFFAIRE DU COLLIER DE LA REINE [RECUEIL DE - Cardinal de Rohan, Comtesse de La M - 1786. [1195822]
1. M√ČMOIRE POUR LOUIS-REN√Č-EDOUARD DE ROHAN, CARDINAL DE LA SAINTE EGLISE ROMAINE, √©v√™que et prince de Strasbourg, etc., contre M. le Procureur G√©n√©ral, en pr√©sence de la Dame de La Motte, du sieur de Villette, de la Damoiselle D'Oliva, et du sieur comte de Cagliostro, co-accus√©s. Paris, Hardouin et Gattey, 1786 110 pages. 1 feuillet mal plac√©. Complet. 2. REQU√äTE AU PARLEMENT, LES CHAMBRES ASSEMBL√ČES, PAR LE CARDINAL DE ROHAN, signifi√©e √† Mr. le Procureur G√©n√©ral. Paris, Emmanuel Flon, 1786 8 pages y compris faux-titre et titre. Complet. 3. REQU√äTE INTRODUCTIVE AU PARLEMENT, LES CHAMBRES ASSEMBL√ČES, PAR LE CARDINAL DE ROHAN, signifi√©e √† M. le Procureur G√©n√©ral. Paris, Emmanuel Flon, 1786 40 pages y compris le titre. Complet. 4. SOMMAIRE POUR LA COMTESSE DE VALOIS-LA MOTTE, accus√©e contre M. le Procureur G√©n√©ral, accusateur, en pr√©sence de M. le Cardinal de Rohan, et autres co-accus√©s. Paris, L. Cellot, 1786 62 pages y compris le titre. Les pages 59 √† 62 contiennent un M√©moire sur la Maison de Saint-Remy de Valois (g√©n√©alogie simplifi√©e de la comtesse de La Motte). 5. R√ČFLEXIONS RAPIDES POUR M. LE CARDINAL DE ROHAN, SUR LE SOMMAIRE DE LA DAME DE LA MOTTE. Sans page de titre (ce qui est normal). 24 pages. A Paris, chez Hardouin et Gattey, s.d. (1786) 6. PI√ąCES JUSTIFICATIVES POUR M. LE CARDINAL DE ROHAN, accus√©. Sans page de titre (ce qui est normal). 24 pages. [Paris], chez Hardouin et Gattey, s.d. (1786) 7. M√ČMOIRE POUR DAME JEANNE DE SAINT-REMY DE VALOIS, √ČPOUSE DU COMTE DE LA MOTTE. Sans page de titre (ce qui est normal). 46 pages. [Paris], de l'imprimerie de L. Cellot, 1785 8. M√ČMOIRE POUR LE COMTE DE CAGLIOSTRO, accus√©, contre M. le Procureur G√©n√©ral, accusateur. En pr√©sence de M. le Cardinal de Rohan, de la comtesse de La Motte et autres co-accus√©s. Paris, Lottin l'a√ģn√©, 1786 51 pages (faux-titre et titre hors pagination). Complet. 9. REQU√äTE A JOINDRE AU M√ČMOIRE DU COMTE DE CAGLIOSTRO. Sans page de titre (ce qui est normal). 11 pages. De l'imprimerie de Lottin l'a√ģn√©, mai 1786. 10. SECOND M√ČMOIRE POUR LA DEMOISELLE LE GUAY D'OLIVA, fille mineure, √©mancip√©e d'√Ęge accus√©e contre M. le Procureur G√©n√©ral, accusateur. En pr√©sence de M. le Cardinal-Prince de Rohan, de la dame de la Motte-Valois, du sieur R√©taux de Villette, du sieur de Cagliostro, et autres co-accus√©s. Analyse et r√©sultat des r√©colements et confrontations. Paris, chez P. G. Simon et N. H. Nyon, 1786 56 pages y compris le faux-titre et le titre. Complet. 11. REQU√äTE POUR LE SIEUR MARC-ANTOINE RETAUX DE VILLETTE, ancien gendarme, accus√©, contre M. le Procureur G√©n√©ral, accusateur. En pr√©sence de M. le Cardinal-Prince de Rohan, de la dame de la Motte-Valois, du sieur de Cagliostro, de la demoiselle d'Oliva, et autres co-accus√©s. Paris, chez P. G. Simon et N. H. Nyon, 1786 19 pages y compris le titre. Complet. ENSEMBLE DE 11 PI√ąCES IMPRIM√ČES ENTRE 1785 ET 1786. 1 volume in-4 (26 X 20 cm), reliure demi-basane blonde du milieu du XIXe si√®cle, dos lisse orn√©, filets et fleurons dor√©s. Coiffe de t√™te us√©e, une fente en t√™te du mors sup√©rieur, reliure solide. Int√©rieur frais. R√©sum√© de l'affaire : L'enfance de la comtesse de La Motte avait √©t√© des plus mis√©rables. Depuis Henri II, la lign√©e √©tait descendue au plus bas. Son p√®re avait √©pous√© une paysanne, qu'il laissa bient√īt veuve. Jeanne √©tait envoy√©e mendier sur les chemins par sa m√®re, en demandant ¬ę la charit√© pour une pauvre orpheline du sang des Valois ¬Ľ. Une dame charitable, la bonne marquise de Boulainvilliers, √©tonn√©e par cette histoire, prit des renseignements, et v√©rifications faites, entreprit les d√©marches pour lui obtenir une pension du roi, et lui fera donner une bonne √©ducation dans un couvent situ√© pr√®s de Montgeron. En 1780, Jeanne √©pouse √† Bar-sur-Aube, un jeune officier d'apparence fort recommandable, Nicolas de La Motte, qui sert dans les gardes du corps du comte d'Artois, second fr√®re du roi. Le m√©nage, peu apr√®s, se d√©livre de sa propre autorit√© le titre de comte et comtesse de La Motte. Jeanne ne se fait plus d√©sormais appeler que comtesse de La Motte-Valois. √Ä cette date, elle fait un voyage √† Saverne, rejoindre Mme de Boulainvilliers qui lui pr√©sente son ami le cardinal Louis de Rohan-Gu√©m√©n√©e, auquel elle fait appel financi√®rement pour sortir de la mis√®re avec laquelle elle continue de se d√©battre plus ou moins. C'est l√† aussi qu'elle rencontre le mage Giuseppe Balsamo, qui se fait appeler comte de Cagliostro. Celui-ci gravite aussi autour du cardinal de Rohan, en lui soutirant de l'argent en √©change de pr√©tendus miracles. Il changerait, entre autres, le plomb en or et la silice en diamant ! Profitant de ce que Versailles est largement accessible au public, Mme de La Motte tente de se m√™ler √† la Cour. Elle parvient √† convaincre le cardinal qu'elle a rencontr√© la reine Marie-Antoinette et qu'elle en est m√™me devenue l'amie intime. Et l'amant de Mme de La Motte, Marc R√©taux de Villette (un ami de son mari), poss√©dant un utile talent de faussaire, imite parfaitement l'√©criture de la reine. Il r√©alise donc pour sa ma√ģtresse de fausses lettres sign√©es Marie-Antoinette de France (alors qu'elle ne signait, bien s√Ľr, que Marie-Antoinette, les reines de France ne signaient que de leur pr√©nom, et en tout √©tat de cause, Marie-Antoinette n'√©tait pas de France mais de Lorraine d'Autriche...). La comtesse va ainsi entretenir une fausse correspondance, dont elle est la messag√®re, entre la reine et le cardinal dont le but serait de les r√©concilier. La reine et le cardinal ont, en effet, un vieux contentieux : en 1773 le cardinal, qui √©tait alors ambassadeur de France √† Vienne, s'√©tait aper√ßu que l'Imp√©ratrice Marie-Th√©r√®se, la m√®re de Marie-Antoinette, jouait un double jeu et pr√©parait en sous main le d√©mant√®lement de la Pologne, de concert avec la Prusse et la Russie. Il avait √©crit une lettre √† Louis XV pour l'en avertir, lettre qui avait √©t√© d√©tourn√©e par le duc d'Aiguillon, ministre des Affaires √Čtrang√®res, qui l'avait remise √† la comtesse du Barry, favorite de Louis XV, d√©test√©e par Marie-Antoinette. La comtesse l'avait lue publiquement dans un d√ģner, et circonstance aggravante, le ton de cette lettre √©tait ironique et tr√®s irrespectueux envers l'Imp√©ratrice (le cardinal la d√©peignait notamment, ¬ę tenant d'une main un mouchoir pour essuyer les larmes qu'elle versait √† propos du d√©mant√®lement de la Pologne, et de l'autre main un couteau pour couper sa part du g√Ęteau ¬Ľ...). D'autre part, la vie dissolue du cardinal √† Vienne, ses d√©penses effr√©n√©es, ses ma√ģtresses affich√©es, ses parties de chasse fastueuses en tenue la√Įque, avaient scandalis√© la pieuse Marie-Th√©r√®se horrifi√©e de voir un repr√©sentant du Roi Tr√®s-Chr√©tien et surtout un prince de l'Eglise se comporter de cette fa√ßon. On l'avait m√™me vu un jour couper √† cheval une procession de la F√™te-Dieu. L'Imp√©ratrice avait demand√© √† Versailles le rappel de cet ambassadeur peu convenable et l'avait obtenu. Depuis ces √©pisodes, la reine, fid√®le √† la m√©moire de sa m√®re, √©tait plus qu'en froid avec le cardinal. Ce dernier se d√©sesp√©rait de cette hostilit√©. La comtesse de La Motte fit esp√©rer au cardinal un retour en gr√Ęce aupr√®s de la souveraine. Ayant de gros besoins d'argent, elle commen√ßa par lui soutirer au nom de la reine 60 000 livres (en deux versements), qu'il √©tait trop heureux d'accorder tandis que la comtesse lui fournissait des fausses lettres reconnaissantes, de plus en plus bienveillantes, de la reine, annon√ßant la r√©conciliation esp√©r√©e, tout en repoussant ind√©finiment les rendez-vous successifs demand√©s par le cardinal pour s'en assurer. Or, le comte de la Motte a tr√®s opportun√©ment d√©couvert qu'une prostitu√©e, Nicole d'Oliva, op√©rant au Palais Royal, s'est forg√© une jolie r√©putation due √† sa ressemblance √©tonnante avec Marie-Antoinette. Ses clients l'ont d'ailleurs surnomm√©e la petite reine. Mme de La Motte la re√ßoit et la convainc de bien vouloir, contre une g√©n√©reuse somme, jouer le r√īle d'une grande dame recevant en catimini un ami, dans le but de jouer un tour. Le 11 ao√Ľt 1784, le cardinal se voit donc enfin confirmer un rendez-vous au Bosquet de V√©nus √† onze heures du soir. L√†, Nicole d'Oliva, d√©guis√©e en Marie-Antoinette, le visage envelopp√© d'une gaze l√©g√®re, l'accueille avec une rose et lui murmure un ¬ę Vous savez ce que cela signifie. Vous pouvez compter que le pass√© sera oubli√© ¬Ľ. Avant que le cardinal ne puisse poursuivre la conversation, Mme de La Motte appara√ģt, signalant que les comtesses de Provence et d'Artois, belles-soeurs de la reine, sont en train d'approcher. Ce contretemps abr√®ge l'entretien. Le lendemain, le cardinal re√ßoit une lettre de la ¬ę reine ¬Ľ, regrettant la bri√®vet√© de la rencontre. Le cardinal est d√©finitivement conquis, sa reconnaissance et sa confiance aveugle en la comtesse de La Motte deviennent plus que jamais in√©branlables. Jusqu'ici, la comtesse de la Motte se bornait, on le voit, √† l'abus de confiance d'assez petite envergure. Mais, d√©sormais toute-puissante sur l'esprit du cardinal, et jouant sur la r√©putation de passion de la reine pour les bijoux, Mme de La Motte va entreprendre le coup de sa vie, en escroquant cette fois le cardinal pour la somme fabuleuse de 1,6 million de livres. Le 28 d√©cembre 1784, se pr√©sentant toujours comme une amie intime de la reine, elle rencontre le bijoutier qui lui montre le collier. Tout de suite elle imagine un plan pour entrer en sa possession. Elle d√©clare au joaillier qu'elle va intervenir pour convaincre la reine d'acheter le bijou, mais par le biais d'un pr√™te-nom. De fait, le cardinal de Rohan re√ßoit bient√īt une nouvelle lettre, toujours sign√©e ¬ę Marie-Antoinette de France ¬Ľ, dans laquelle la reine lui explique que ne pouvant se permettre d'acqu√©rir ouvertement le bijou, elle lui fait demander de lui servir d'entremetteur, s'engageant √† le rembourser en versements √©tal√©s dans le temps - quatre versements de 400 000 livres - et lui octroyant pleins pouvoirs dans cette affaire. En outre la comtesse s'est m√©nag√© la complicit√© de Cagliostro, dont le cardinal est fanatique (il ira jusqu'√† d√©clarer ¬ę Cagliostro est Dieu lui-m√™me! ¬Ľ). Devant le cardinal, le mage fait annoncer par un enfant m√©dium un oracle d√©voilant les suites les plus fabuleuses pour le pr√©lat s'il se pr√™te √† cette affaire. La reconnaissance de la reine ne conna√ģtra plus de bornes, les faveurs pleuvront sur la t√™te du cardinal, la reine le fera nommer par le roi premier ministre. Le 1er f√©vrier 1785, convaincu, le cardinal signe les quatre traites et se fait livrer le bijou qu'il va porter le soir m√™me √† Mme de La Motte √† Versailles. Devant lui, elle le transmet √† un pr√©tendu valet de pied portant la livr√©e de la reine (qui n'est autre que R√©taux de Villette). Pour avoir favoris√© cette n√©gociation, l'intrigante b√©n√©ficiera m√™me de cadeaux du joaillier. Imm√©diatement les escrocs ont d√©mont√© le collier et commenc√© √† revendre les pierres. R√©taux de Villette a quelques ennuis en n√©gociant les siennes. Leur qualit√© est telle, et, press√© par le temps, il les n√©gocie si en-dessous de leur valeur, que des diamantaires juifs soup√ßonnent le fruit d'un vol et le d√©noncent. Il parvient √† prouver sa bonne foi et part √† Bruxelles vendre ce qui lui reste. Le comte de La Motte part de son c√īt√© proposer les plus beaux diamants √† deux bijoutiers anglais de Londres. Ceux-ci, pour les m√™mes raisons que leurs coll√®gues isra√©lites, flairent le coup fourr√©. Ils envoient un √©missaire √† Paris: mais aucun vol de bijoux de cette valeur n'√©tant connu, ils les ach√®tent, rassur√©s. Les derni√®res pierres sont donc vendues √† Londres. Pendant ce temps, la premi√®re √©ch√©ance est attendue par le joaillier et le cardinal pour le 1er ao√Ľt. Toutefois, l'artisan et le pr√©lat s'√©tonnent de constater qu'en attendant, la reine ne porte pas le collier. Mme de La Motte les assure qu'une grande occasion ne s'est pas encore pr√©sent√©e, et que d'ici-l√†, si on leur parle du collier, ils doivent r√©pondre qu'il a √©t√© vendu au sultan de Constantinople. En juillet cependant, la premi√®re √©ch√©ance approchant, le moment est venu pour la comtesse de gagner du temps. Elle demande au cardinal de trouver des pr√™teurs pour aider la reine √† rembourser. Elle aurait, en effet, du mal √† trouver les 400 000 livres qu'elle doit √† cette √©ch√©ance. Mais le bijoutier va pr√©cipiter le d√©nouement. Ayant eu vent des difficult√©s de paiement qui s'annoncent, il se rend directement chez la premi√®re femme de chambre de Marie-Antoinette, Mme Campan, et √©voque l'affaire avec elle. Celle-ci tombe des nues et naturellement va imm√©diatement rapporter √† la reine son entretien avec Boehmer. Marie-Antoinette, pour qui l'affaire est incompr√©hensible, charge le baron de Breteuil, ministre de la Maison du Roi, de tirer les choses au clair. Le baron de Breteuil est un ennemi du cardinal de Rohan. D√©couvrant l'escroquerie dans laquelle le cardinal est impliqu√©, il se frotte les mains, et compte bien lui donner toute la publicit√© possible. La pr√©tendue comtesse, sentant les soup√ßons, s'est entre-temps arrang√©e pour procurer au cardinal un premier versement de 30 000 livres. Mais ce versement, d'ailleurs d√©risoire, est d√©sormais inutile. L'affaire va √©clater aux yeux de la Cour √©bahie. Le roi est pr√©venu le 14 ao√Ľt. Le 15 ao√Ľt, alors que le cardinal - qui est √©galement grand-aum√īnier de France - s'appr√™te √† c√©l√©brer en grande pompe la messe de l'Assomption dans la chapelle de Versailles, il est convoqu√© dans les appartements du roi. Il se voit somm√© d'expliquer le dossier constitu√© contre lui. Le na√Įf pr√©lat est atterr√© de comprendre qu'il a √©t√© bern√© depuis le d√©but par la comtesse de La Motte. Il envoie chercher les lettres de la ¬ęreine¬Ľ. Le roi explose: ¬ę Comment un prince de la maison de Rohan, grand-aum√īnier de France, a-t-il pu croire un instant √† des lettres sign√©es Marie-Antoinette de France! ¬Ľ. La reine ajoute: ¬ę Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adress√© la parole depuis 15 ans, j'aurais pu m'adresser √† vous pour une affaire de cette nature ? ¬Ľ. Le cardinal tente de s'expliquer. ¬ę Mon cousin, je vous pr√©viens que vous allez √™tre arr√™t√©. ¬Ľ, lui dit le roi. Le cardinal supplie le roi de lui √©pargner cette humiliation, il invoque la dignit√© de l'√Čglise, le souvenir de sa cousine la comtesse de Marsan qui a √©lev√© Louis XVI. Le roi est assur√©ment √©branl√© par cet appel √† la cl√©mence, mais se reprend devant les larmes de la reine. Il se retourne vers le cardinal: ¬ę Je fais ce que je dois, et comme roi, et comme mari. Sortez. ¬Ľ (Cf. Funck-Brentano, op. cit.) Le cardinal quitte le cabinet du roi et repasse, chancelant et ¬ę p√Ęle comme la mort ¬Ľ, dans la galerie des Glaces. Au moment o√Ļ le cardinal para√ģt, le baron de Breteuil lance : ¬ę Qu'on arr√™te Monsieur le cardinal ! ¬Ľ. La stup√©faction et le scandale sont immenses. Le cardinal est emprisonn√© √† la Bastille. Il commence imm√©diatement √† rembourser les sommes dues, en vendant ses biens propres, dont son ch√Ęteau de Coupvray (√† la fin du XIXe si√®cle, les descendants de ses h√©ritiers continueront de rembourser sporadiquement par fractions les descendants du joaillier). La comtesse de La Motte est arr√™t√©e, son mari s'enfuit √† Londres avec les derniers diamants, R√©taux de Villette √©tant d√©j√† en Suisse. On interpelle aussi Cagliostro et Nicole d'Oliva. Le roi laisse au cardinal le choix de la juridiction qui aura √† se prononcer sur son cas: ou bien s'en remettre directement au jugement du roi, ou √™tre traduit devant le Parlement de Paris. Ce qui s'av√®re fort malhabile de la part de Louis XVI: le cardinal d√©cidant de mettre l'affaire dans les mains du Parlement qui est toujours, plus ou moins, en fronde contre l'autorit√© royale. Le 22 mai 1786, le proc√®s s'ouvre devant le Parlement, qui le 30 rend son verdict. Le cardinal est acquitt√©. La pr√©tendue comtesse de La Motte, condamn√©e √† la prison √† perp√©tuit√© √† la Salp√©tri√®re, apr√®s avoir √©t√© fouett√©e et marqu√©e au fer rouge sur les deux √©paules du ¬ę V ¬Ľ de ¬ę voleuse ¬Ľ (elle se d√©battra tant que l'un des ¬ę V ¬Ľ sera finalement appliqu√© sur son sein). Son mari est condamn√© aux gal√®res √† perp√©tuit√© par contumace, et R√©taux de Villette est banni. Enfin, Nicole d'Oliva et Cagliostro sont mis hors de cause, Cagliostro √©tant cependant invit√© √† quitter le territoire fran√ßais dans les plus brefs d√©lais. Marie-Antoinette est au comble de l'humiliation. Elle prend l'acquittement du cardinal comme un camouflet. De la part des juges, cet acquittement signifie qu'on ne saurait tenir rigueur au cardinal d'avoir cru que la reine lui envoyait des billets doux, lui accordait des rendez-vous galants dans le parc de Versailles et achetait des bijoux pharaoniques par le biais d'hommes de paille en cachette du roi. C'√©tait sous-entendre que de telles frasques n'auraient rien eu d'invraisemblable de la part de la reine. Et c'est bien dans cet esprit que le jugement fut rendu, et pris dans l'opinion. La reine obtient donc du roi qu'il exile le cardinal de Rohan √† l'abbaye de la Chaise-Dieu, l'une des abbayes en commende du cardinal, apr√®s l'avoir d√©mis de son poste de grand aum√īnier. Il restera trois mois dans cette abbaye, apr√®s quoi il ira sous des cieux plus cl√©ments, √† l'abbaye de Marmoutier pr√®s de Tours. Ce n'est qu'au bout de trois ans, le 17 mars 1788, que le roi l'autorisera √† retrouver son dioc√®se de Strasbourg. On ne saurait mieux r√©sumer le r√©sultat de cette affaire que par l'exclamation d'un magistrat du Parlement de Paris au lendemain du verdict : "Un cardinal escroc, la reine impliqu√©e dans une affaire de faux ! Que de fange sur la crosse et le sceptre ! Quel triomphe pour les id√©es de libert√© !"... Bien que Marie-Antoinette ait √©t√©, d'un bout √† l'autre, absolument √©trang√®re √† toute cette affaire, l'opinion publique ne voulut pas croire √† l'innocence de la reine. Accus√©e depuis longtemps de participer, par ses d√©penses excessives, au d√©ficit du budget du royaume, elle subit √† cette occasion une avalanche d'opprobres sans pr√©c√©dent. Les libellistes laiss√®rent libre cours aux calomnies dans des pamphlets o√Ļ la reine se faisait offrir des diamants pour prix de ses amours avec le cardinal. Bien pire, Mme de la Motte, parvenue √† s'√©vader de La Salp√™tri√®re, publie √† Londres un immonde r√©cit, dans lequel elle raconte sa liaison avec Marie-Antoinette, la complicit√© de celle-ci depuis le d√©but de l'affaire et jusqu'√† son intervention dans l'√©vasion. Par le discr√©dit qu'il jeta sur la Cour dans une opinion d√©j√† tr√®s hostile, ce scandale aura indirectement sa part de responsabilit√©s dans la chute de la royaut√© quatre ans plus tard et dans le d√©clenchement de la R√©volution. "Cet √©v√®nement me remplit d'√©pouvante", √©crit Goethe dans sa correspondance, "comme l'aurait fait la t√™te de M√©duse". Peu apr√®s, d√©veloppera-t-il : "Ces intrigues d√©truisirent la dignit√© royale. Aussi l'histoire du collier forme-t-elle la pr√©face imm√©diate de la R√©volution. Elle en est le fondement...", (Cf. Le Grand Cophte (1790), pi√®ce inspir√©e √† Goethe par l'histoire de Cagliostro). L'ensemble des pi√®ces imprim√©es relatives √† l'affaire du collier ont fait l'objet de tirages au format in-8 et in-4. Les pi√®ces imprim√©es au format in-4 sont les plus recherch√©es et forme une collection int√©ressante. BON EXEMPLAIRE DE CET ENSEMBLE RELATIF A L'AFFAIRE DU COLLIER DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE.
      [Bookseller: Librairie L'amour qui bouquine]
Last Found On: 2016-09-16           Check availability:      Livre-rare-book    

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