KUNDERA (Milan).
L'immortalite.
(Paris), Gallimard, (1990). In-8 de 411 pp., broche. Etui-chemise gris-perle.Titre dore. EDITION ORIGINALE. Un des 91 ex. num. sur Velin pur chiffon. (Seul papier). Celui-ci, num. 34. Couverture a rabats remplies. Volume non coupe. Parfait etat de neuf. Premier roman de l'exile tcheque a avoir ete ecrit en francais, L'Immortalite apparait telle une oeuvre charniere ou, veritablement, s'affirme le style de Kundera. Oeuvre singuliere, qui, en une construction complexe et ingenieuse, est avant tout le recit d'une quete tant esthetique qu'existentielle. En tant que genre litteraire, le Roman se fait ici presque manifeste, appartenant a la memoire collective, dans un monde cependant regi par l'instantaneite, et son corollaire : l'oubli. Apres la mort accidentelle d'Agnes, sa soeur prendra sa place. Ainsi lui confere t'elle une part d'immortalite. Mais, par concomitance, l'etre ne devient plus que representation ; l'image, plus reelle alors que l'objet. Cet abandon de soi en vue d'incarner un autre, ces additions successives d'attributs et d'oripeaux pour finir par faire de son unicite une convention, fut une deviance que Lacan - a la suite de Freud - avait observe puis synthetise sous l'expression "stade du miroir". Sous l'oeil de "Dieu-photographe", Kundera denonce les egarements de cette societe occidentale, dominee par l'image, le reflet, les erreurs de jugement, la perception qui devient dogme. Et son desir presque symptomatique de la perpetuation, ici etudiee au regard de faits historiques. A quoi bon ? L'etre, inmanquablement, retournera au neant de son immortalite.
[Bookseller: Librairie Walden]
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