BOUCHOTTE (Jean Baptiste Noël);
Journal. Suite de mon voïage de Metz à Paris.
1678 1678 - Manuscrit petit in-folio de (280) pp., copié à l'encre brune, écriture fort lisible, texte raturé et corrigé (censuré ?) par endroits par l'auteur, papier réglé à l'encre rouge, l'auteur souligne à l'encre brune les noms propres, plein vélin rigide, dos lisse, tranches rouges (reliure de l'époque). Manuscrit inédit. Journal d'un ancien ministre de la Guerre, permettant de brosser un tableau vivant de la vie mondaine et partisane de la capitale entre 1800 et 1805. Soldat au régiment de Nassau, Jean Baptiste Noël Bouchotte (1754-1840) fut ministre de la Guerre sous la Convention, du 4 avril 1793 au19 avril 1794. Le ministère de la guerre est supprimé le 13 avril 1794. Bouchotte est arrêté le 21 juillet 1794. Il sera traduit devant le tribunal en décembre. Libéré de la prison de Chartres en 1795, il se retire à Metz, puis monte à Paris avec l'intention de reprendre une activité politique. Lorsque le club des Jacobins reprendra vie en juillet 1799, il sera parmi les premiers adhérants. Il passera tout de même près de 40 ans à réclamer une pension. La postérité retiendra tout de même cet ancien ministre de la guerre : "Si Bouchotte, dans la direction de la défense nationale, n'avait pas montré autant de zèle, d'application, d'abnégation. les armées de la République française n'auraient pas remporté leurs immortelles victoires de l'an II et les principes de la Révolution n'auraient pas conquis le monde" (Herlaut, p. 380). Commencé le 17 nivôse an VIII [1800], l'ancien ministre consigne dans ce journal toutes choses vues. et entendues : caricatures, affiches, chansons, parutions éditoriales, jusqu'aux anecdotes livrées par ses "oreilles". Passionné de théâtre, Bouchotte signale les pièces, vaudevilles et concerts vus et entendus : il y rencontre le tout Paris, et rapporte dans son journal les renseignements livrés par ses interlocuteurs. Il dîne dans les grands restaurants et ses informateurs lui livrent force anecdotes qu'il consigne dans le présent journal. Ce journal est copié d'une main fort régulière : il est possible qu'il s'agisse d'une mise au propre par l'auteur lui-même. Le manuscrit est raturé et corrigé par l'auteur : il est des anecdotes ou appréciations personnelles que Bouchotte souhaitait effacer et taire, forme d'auto-censure pour éviter de fâcher. ou de se compromettre. Dans ce journal, Bouchotte se soucie tout particulièrement de son avancement personnel, de l'injustice qu'il a subie une fois écarté du pouvoir : "J'ai vu Carnot. Je lui ai exposé l'état de mes demandes - il me dit : Redigés à l'instant et ici même ce que vous venés de me dire. Je le mettrai aujourd'hui sous les yeux du premier Consul et je l'appuirai. Il faut que cela soit court, une demie-page. Il me dit de proprio motu, au reste vous avés des droits pour obtenir vous avés été persécuté. J'ai répondu l'on ne peut indemniser de cela, celui qui a souffert ne peut qu'en faire le sacrifice à la chose publique; il est a désirer qu'on ne persécute plus, et principalement les personnes arttachées à la République.". Ailleurs, on relève des avis sur la politique coloniale et les évènements à l'étranger : "J'ai rencontré à Feydeau l'ancien député de St-Domingue, Bellen, homme de couleur, qui m'a dit qu'il était nommé commandant en chef de la gendarmerie à St-Domingue ; que Toussaint l'Ouverture était mal conseillé; qu'il avait affermé l'habitation Breda ou il avait été elevé et Moyse son neveu une autre habitation des plus considerables; que la culture était en bon état; qu'il ne fallait pas le tiers de negres qu'on emploïait avant la Révolution, pour les mêmes travaux.". Herlaut, Le Colonel Bouchotte, 1945. DBF, VI, 1236. [Attributes: Hard Cover]
[Bookseller: Bonnefoi Livres Anciens]
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