LES SEPT MARCHANS DE NAPLES : Cest assavoir Ladventurier / Le Religieux. Lescolier. Laveugle. Le Vilageois. Le Marchant. Et le Bragart.
vers 1530 - Petit in-8 gothique (129 x 85 mm) de 8 ff.n.ch. ; maroquin rouge, dos à nerfs rehaussées d'un filet, compartiments ornés de fleurons et petits fers, encadrement de filets droits et courbes avec fleurons d'angle sur les plats, doublures de maroquin rouge, dentelle intérieure, filet sur les coupes, tranches dorées (Bauzonnet). Brunet, V, 292 ; Cat. du baron de Ruble, n° 161 : cet exemplaire ; Guy Bechtel, Catalogue des gothiques français, 2008, M-109. ? Voir Brigitte Moreau 1529/1911 pour une autre édition gothique sortant probablement des mêmes presses, avec variantes. Une pièce très rare de l'ancienne poésie française. Elle se compose, pour la plus grande partie, du poème qui donne le titre au recueil : une facétie en vers décasyllabiques et pentasyllabiques évoquant la syphilis, ce mal napolitain que les Italiens baptisèrent mal français. Les sept marchands dont le nom figure sur le titre viennent l'un après l'autre se plaindre de l'état déplorable dans lequel ils se trouvent après avoir payé, souvent fort cher, le mal dont ils sont atteints. On trouve à la suite quatre rondeaux et une ballade composés dans le même esprit. L'ouvrage est orné de deux jolis bois gravés, le premier tiré sur le titre et flanqué d'une bordure (un clerc à son écritoire), le second occupant la totalité du verso du dernier feuillet (deux personnages en hermine haranguent des soldats en armure). On ne connaît que deux éditions gothiques de cette plaquette ; une troisième, elle aussi très rare, fut imprimée à Lyon par J. Moderne vers 1540, mais avec le titre en caractères gothiques et le texte en lettres rondes (voir Rothschild, I, 575). Précieux exemplaire, l'un des deux ou trois connus. Le deuxième exemplaire se trouve à la British Library. Un troisième, conservé à la BnF (anciennes collections Taylor et Rothschild), présente des particularités qui en font un exemplaire unique. Ces variantes ont été relevées par Émile Picot et Brigitte Moreau : la devise "Souffrir pour parvenir" à l'explicit, et une Balade joyeuse dédiée à la Vierge en place des deux petites pièces achevant notre volume. Il s'agit donc de tirages distincts, voire d'éditions différentes (bien que Guy Bechtel les confonde dans une seule notice), sortant vraisemblablement des presses du même imprimeur : Brigitte Moreau a attribué l'exemplaire Rothschild à Julien Hubert, dont on ne connaît qu'une seule impression signée. Quoi qu'il en soit, on ne peut que souligner la rareté de cette pièce dont les bibliographes n'ont pu recenser, toutes éditions confondues, que cinq exemplaires. Ce volume a appartenu au baron de Ruble (cat. 1899, n° 161, reprod.), et provient des collections Heber, Crozet et de Lurde. Il a servi pour la réimpression de l'ouvrage "faite par les soins de M. Veinant, en 1838, et qui forme la première livraison de la Collection de poésies, romans, chroniques, etc, publiée par Silvestre" (cat. de Ruble). Très bel exemplaire, finement relié par Bauzonnet. Ex-libris armoriés de Ruble et baron d'Espiard. [Attributes: Hard Cover]
[Bookseller: thomas-scheler]
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