CHRYSOLORAS, Manuel;
ERWTHMATA CRUSOLORA. Grammatica Chrysolore. [Colophon : Operoso huic opusculo extrema imposuit manu Egidius Gourmonntius interregimus ac fidelissimus, primus duce Francisco Tissardo Ambaceao graecarum litterarum Parrhisiis impressor. Anno domini 1507 Cal. Decembr.
Gourmont Paris 1507 In-4, a-t4, v6. (82 feuillets) non chiffres. Velin rigide mouchete. Reliure du XVIIeme siecle. Exemplaire entierement annote en latin, avec quelques mots en grec, par un lecteur du temps, qui a donne une traduction dans les interlignes et des commentaires abondants dans les marges. Ces marginalia ont ete amputes d'environ 1 cm par le ciseau du relieur. Exemplaire tres satisfaisant , un peu court en tete cependant : la marge de tete mesure 8 mm, la marge de gouttiere 30 mm, et la marge inferieure 30 mm a partir des signatures des cahiers. Les ERWTHMATA de Chrysoloras, acheves d'imprimer en decembre 1507, sont le 4eme livre (le 5eme, si l'on tient compte des 8 feuillets en grec du Musee imprime par Gourmont, cite par Renouard, Bibliotheque d'un amateur,II, 187, mais non confirme dans l'Inventaire Chronologique) imprime en France en caracteres grecs, le premier etant acheve d'imprimer en aout 1507, le second en octobre, et le troisieme en novembre. Manuel Chrysoloras (Constantinople vers 1350- Constance 1415), d'une noble famille byzantine, ouvrit a Florence, vers 1397, un cours de grammaire et de litterature grecque, puis enseigna tour a tour a Milan, Pavie, Venise et Rome. Il fit egalement un bref passage a Paris, en 1408. Il est "le premier qui fit refleurir en Italie l'etude de la langue grecque" (Legrand, Bibliographie Hellenique, XV et XVIeme siecles, page XVIII). Seul avant lui en Occident Leonce Pilate, probablement Grec de Calabre, avait enseigne le grec en Occident, a l'Universite de Florence, grace a l'appui de Boccace, vers 1361-1363 ; "cependant si ce court sejour de Leonce Pilate en Italie avait suffi pour eveiller chez beaucoup de gens le desir d'apprendre la langue grecque, il n'avait permis a aucun de le satisfaire pleinement. Quiconque voulait acquerir la connaissance de cette langue devait se transporter en Grece". (Legrand, opus cite, page XVIII). La grammaire de Chrysoloras, base de l'apprentissage du grec, fut imprimee des 1484 a Florence, precedee cependant de 8 ans par la grammaire de Lascaris (Milan, 1476), premier livre grec imprime. L'edition imprimee par Gilles de Gourmont est donnee par Francois Tissard, humaniste ne a Amboise. Apres avoir etudie la philosophie et le droit a Paris et Orleans, Francois Tissard se rendit en Italie ou il suivit les cours de litterature classique de Guarinus de Verone, Beroaldus de Bologne, et Calphurnius de Padoue. Il apprit l'hebreu avec un rabbin de Ferrare, et le grec avec Demetrios de Sparte, non sans etre recu docteur en droit civil et en droit canon a l'Universite de Bologne. Il retourna en France avec la conviction qu'un peuple qui ignore la langue grecque ne merite que le nom de barbare ; et s'efforca des lors de rendre possible l'etude du grec, et de faire imprimer des livres en grec. C'est a lui que l'on doit l'edition des 7 premiers livres grecs imprimes en France, pendant les annees 1507 et 1508. Nul autre que lui ne merite le titre de fondateur de l'imprimerie grecque en France. Son activite s'interrompt en 1508, date probable de sa mort.Les caracteres de Gilles de Gourmont, de fonte neuve, appartiennent a la lignee des caracteres appeles "graeco-latin" par Proctor, derives des modeles de lettres des manuscrits occidentaux, qui servaient generalement pour les passages en grec dans les textes latins. Leur premiere utilisation en tant que tels se trouve dans le Lactance de Sweynheym et Pannartz a Subiaco en 1465. La superbe police grecque de Nicolas Jenson, ciselee des 1471 a Venise, appartient aussi a cette famille des "graeco-latin", dont elle est sans doute le sommet. Ce genre de caracteres est rendu quasiment obsolete, en particulier par les fontes aldines, et peut etre considere en 1507 comme demode. Les caracteres de Gourmont ne comportent pas de ligatures, et une ligne intercalaire sert a placer independamment esprits et accents.(Gresswell, I, pp. 19 et 20 ; Legrand, III, p.160, n 135 :"Rare et recherche".)
[Bookseller: Librairie Veyssiere]
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