Garnier-Mathez, Isabelle
L'Epithète et la connivence : écriture concertée chez les Evangéliques français (1523-1534)
DROZ - 9782600010108 Livre usage a l'etat de neuf / Used book as new condition En appelant à la linguistique, à la rhétorique, à la philologie et à lhistoire, LEpithète et la connivence étudie une forme particulière de littérature doctrinale, produite sous François Ier par des auteurs dont les convictions spirituelles sopposaient à la position défendue par la Faculté de Théologie. Son enjeu littéraire et idéologique consiste à rendre compte à la fois de la singularité des uvres dites «évangéliques» et de la cohérence des voix qui ont composé ces textes. Ce faisant, la notion d«évangélisme», jusqualors étroitement dépendante des historiens qui la pensent, se trouve définie par les repères que livre lécriture littéraire. A partir du postulat que la langue dun groupe comporte des témoignages précis de convictions partagées, létude dun corpus dune vingtaine duvres en vers ou en prose produites, entre la traduction du Nouveau Testament par Lefèvre dEtaples (1523) et laffaire des Placards (1534) par Marguerite de Navarre, Marot, Lefèvre, Farel, Aimé Meigret comme par des traducteurs anonymes de Luther, caractérise l«écriture évangélique», à partir du rôle spécifique dévolu à lépithète. La récurrence de qualificatifs significatifs (seul, vray, vive [foy]), comme leur ajout ou leur omission délibérés dans les traductions de textes luthériens, prouvent que lépithète, au-delà de sa portée pédagogique, fonctionne comme un élément de la stratégie discursive de contournement de la censure. Dans la connivence que lépithète contribue à instaurer, Texte et Histoire se rejoignent.
[Bookseller: La Canopee]
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